Récit de vie : votre histoire mérite d’être racontée

Nos souvenirs sont fragiles. Ils s’effacent et se transforment. Pourtant, ils sont le fil invisible qui nous relie à nous-même et à ceux que nous aimons. Les transmettre, c’est offrir une part de soi, une trace de ce que nous sommes.

Qu'est-ce qu'un récit de vie ?

Faire écrire son récit de vie, c’est raconter son histoire, partager ses souvenirs et laisser une trace de son passage. C’est l’occasion de se souvenir des moments marquants de sa vie, des expériences qui ont façonné la personne que l’on est. En racontant, on préserve la mémoire des événements importants, mais aussi des petites choses qui font notre quotidien.

Le récit de vie permet de transmettre ses expériences, ses émotions et ses réflexions aux autres, pour que ces souvenirs ne se perdent pas avec le temps. C’est un cadeau précieux à offrir à ceux qui viennent après nous, une manière de partager son histoire aux autres générations.

Expliquer la démarche du récit de vie…

« En fait, tu fais des biographies ? » C’est la question que j’entends le plus souvent lorsque je parle de mon métier de praticienne en récits de vie. Parce que « Oui mais non » n’est pas une réponse très constructive, je vous propose ici une brève explication que j’espère la plus limpide possible sur ce que signifie laisser une trace à travers les mots.

Alors, oui, les récits deviennent le plus souvent des livres, c’est ce qui peut prêter à confusion avec des biographes qui appellent le résultat de leur travail récit de vie. La différence majeure et fondamentale réside dans ce que je vais tenter de résumer ici (ma définition n’est donc pas exhaustive et n’a pas la prétention de l’être). Ceci est pertinent quel que soit le mode de production du récit (peinture, sculpture, photographie, théâtre, format audio, etc.).

Le récit de vie est une histoire de rencontre

Écrire un récit implique la praticienne autant que la personne qui se raconte, on appelle cela la co-construction. En clair, cela signifie que le récit est un travail commun vers un but commun. Je suis toujours présente dans les récits de vie que j’écris, par une introduction, dans le texte sous forme de paragraphes ou en dialogues avec la personne qui se raconte. Le passage de l’oral à l’écrit est également basé sur mes choix. Si, pour les besoins de la personne qui se raconte, interprétation du récit il y a, elle se fait à deux. On sort de la problématique objectivité/subjectivité liée à l’Histoire pour aller à la rencontre de l’autre.

 Écrire sa vie amène une véritable réflexion

Ce qui importe n’est pas le livre créé à partir d’un certain nombre d’entretiens enregistrés, c’est la réflexion qu’amène la création de cet objet. Écrire ses souvenirs, c’est « une recherche et construction de sens à partir de faits temporels personnels » (Pineau & Le Grand, 2013). Cette réflexion peut être partagée avec la praticienne ou rester de l’ordre de l’intime. Toujours inachevé, le récit nous fait réfléchir sur notre place dans une société faite de relations elles-mêmes tributaires d’autres relations (de pouvoir, de filiations, de statut social, etc.). C’est une modeste recherche de clarté qui fait bouger les repères.

Créer un récit de vie demande une bonne dose de bienveillance

Accueillir l’histoire de l’autre, écouter sans jugement, être capable de comprendre les enjeux sous-jacents à chaque récit, penser au confort de la personne qui se raconte, ne pas s’approprier son récit d’une façon ou d’une autre, faire de sa propre subjectivité une source de richesse, ne sont pas des aptitudes innées que l’on applique au quotidien. La congruence s’acquiert grâce à une solide formation, beaucoup de pratique et de constantes remises en question (par le biais d’un travail sur sa propre histoire, par des intervisions et des supervisions, par de nouvelles formations, etc.).

Le récit de vie est une démarche militante

Je n’écris pas de récits pour faire fortune (ce qui a peu de chance d’arriver...) mais parce que je suis convaincue. Comme je l’ai abordé plus haut : tout est affaire de relations. Écrire sa vie, c’est se soucier de ce qui nous est commun. Le récit nous relie en mettant en avant nos attaches et nos points communs, dans les échos et les résonances qu’il provoque en nous. Les histoires relient les hommes avec les femmes, les humains avec la nature et les animaux, les personnes âgées et les enfants, les pauvres et les riches, les habitants d’un même quartier par une histoire commune. Le récit de vie permet d’envisager des « peut-être ».

 
 

Écrire ses souvenirs : que reste-t-il de vos moments précieux ?

Prenez un instant pour y penser. Quels sont les moments de votre vie que vous aimeriez ne jamais oublier ? Des éclats de rire, des instants suspendus, des épreuves qui vous ont transformé... Avec le temps, nos souvenirs s’effacent, se brouillent, se mélangent. Certains prennent une place immense alors qu’ils étaient insignifiants sur le moment, tandis que d’autres, essentiels, deviennent flous. Écrire votre récit de vie est une façon de dire : « Voilà ce que j’ai vécu. Voilà ce qui compte pour moi. »

Je vous accompagne pour laisser une trace

Parce que chaque vie mérite d’être racontée, je vous propose de vous accompagner dans cette démarche intime et précieuse. Nous prendrons le temps de revisiter votre parcours, d’écrire vos souvenirs, de donner du sens à ce qui a façonné votre histoire, et d’en faire un récit qui vous ressemble. Peu importe que vous ayez l’impression de ne pas savoir raconter ou d’avoir une histoire « banale » – je sais, pour ma part, qu’il n’y a pas d’histoire banale. Il y a votre voix, votre regard sur le monde, votre manière unique de traverser l’existence. Et c’est inestimable.

 
 
« L’histoire appartient aux êtres qui parlent fort, effaçant ceux dont la parole est plus modeste ou plus fragile. Ceux qui doutent, craignent de blesser ou de trahir ; ceux qui n’ont pas les mots, ceux qui ne savent pas. Ceux qui ont des regrets, des remords, ceux qui se sentent coupables et que l’on n’entend pas. Ce sont eux que je cherche, parce qu’ils me ressemblent. »
— La vie clandestine. Monica Sabolo
 
 
 

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Car une histoire de vie ne se résume pas à ce qui s’est passé.

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Ce guide s'adresse à toute personne qui a un parent ou un grand-parent dont elle veut préserver l'histoire, aux professionnel·les qui travaillent auprès de personnes âgées (EHPAD, soins palliatifs, aide à domicile), et à celles et ceux qui se sont déjà dit : « J'aurais dû écrire. »

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Écrire l’histoire d’une personne que l’on aime soulève parfois des questions auxquelles aucune règle simple ne peut répondre.

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Comment écrire un souvenir douloureux ? Que faire d’un secret ? Comment retranscrire une parole sans la transformer ? Comment raconter une personne sans parler à sa place ?

Écrire avec le cœur vous accompagne dans ces choix.

Le guide s’articule autour de trois dimensions : l’éthique, l’identité et la voix.

L’éthique

Respecter ce que la personne souhaite raconter, mais aussi ce qu’elle préfère garder pour elle.

L’identité

Ne pas réduire une personne à un événement, une maladie, un rôle familial ou une période difficile de son histoire.

La voix

Retrouver dans l’écriture quelque chose de sa manière de parler, de ses expressions, de son rythme et de son regard sur le monde.

Vous trouverez dans ce guide des exemples et des pistes pour :

  • aborder les sujets sensibles ;

  • respecter l’intimité de la personne ;

  • choisir entre le « je » et le « il/elle » ;

  • passer de la parole à l’écrit ;

  • conserver une voix singulière ;

  • distinguer ce que vous savez de ce que vous interprétez.

Écrire une vie demande de choisir ses mots.

Parce que les mots écrits sont aussi ceux que l’on décide de faire durer.

Les réponses à vos questions sur le récit de vie